L’indice de Perception de la Corruption 2009

17 Novembre 2009

Transparency International, la Coalition globale contre la corruption, a publié aujourd'hui son Indice de Perception de la Corruption (IPC). Les résultats de l'Indice 2009, qui mesure les perceptions de la corruption dans le secteur public, montrent qu'aucune région n'est à l'abri de la corruption dans le monde. La publication se passe au moment où les premiers signes d'une reprise de l'économie mondiale, alors que des pays sont aux prises avec des conflits et un manque de sécurité pour leur population. La Suisse a depuis des années la note de 9,0.

« En ce moment, des mesures de stimulations très importantes sont mises en œuvre partout dans le monde, parallèlement à des versements accélérés de fonds publics et des tentatives de stabiliser les différents processus de paix. Si nous voulons briser le cycle vicieux de la corruption, il est indispensable de déterminer quels sont les nœuds qui empêchent à la fois une bonne gouvernance et une obligation de rendre des comptes », a déclaré Huguette Labelle, Présidente de Transparency International.

La majorité des 180 pays étudiés a atteint sur une échelle allant de 0 (perçu comme très corrompu) à 10 points (perçu comme moins corrompu) moins de cinq points. L’Indice de Perception de la Corruption mesure le degré de corruption perçue chez les fonctionnaires et les politiciens. Il s'agit d'un indice composite, qui s’appuie sur les sondages de différents experts et entreprises. Comme l’année dernière, 180 pays ont été étudiés dans le cadre de l’IPC. 

Le plus haut score de l'IPC 2009 va à la Nouvelle-Zélande avec 9,4, suivi du Danemark avec 9,3, le Singapour et la Suède avec 9,2 et la Suisse avec 9,0 points. Ces notes élevées sont la preuve de la stabilité politique, d’une longue tradition de mécanismes de résolution des conflits et de solides institutions politiques.

Les derniers de l'indice est composé principalement de pays déchirés par la guerre et les conflits durables. Il s'agit notamment de la Somalie avec 1,1 points, de l’Afghanistan avec 1,3 points, le Myanmar avec 1,4 points de même que le Soudan et l'Irak avec 1,5 points. Il est clair que dans les pays où les structures étatiques ont été dévastées par des conflits permanents, il y a une plus forte perception de la corruption.

Si les institutions publiques sont faibles ou manquent, la corruption se trouve hors de contrôle et le pillage des ressources publiques renforce l'insécurité et l'anarchie. La corruption engendre une baisse de confiance dans les institutions gouvernementales et se présente comme un défi aux jeunes gouvernements, pour assurer la survie et la stabilité de leur pays.

Lors de la décision de l'affectation des fonds dans la coopération au développement, les pays en bas de la liste de l’IPC ne devraient pas être exclus. Au lieu de cela, les services publics doivent justement être renforcés. Les investisseurs et les services d’aide à la coopération doivent agir de la même manière avec prudence et de façon responsable comme ils exigent la transparence et la responsabilité des pays bénéficiaires.
L’IPC de cette année montre également que l'écart entre les pays riches et pauvres sur la perception de la corruption reste fondamentalement inchangé. Les pays industrialisés et les pays en développement doivent assumer les responsabilités quand il s'agit de lutter contre la corruption – là où les pots de vin sont offerts, mais également là où cela est exigé ou accepté. Et la Suisse ne doit pas non plus se reposer sur ses «lauriers».

En outre, les centres financiers globaux jouent un rôle clé, ils permettent aux hommes politiques et fonctionnaires corrompus d’investir et de créer à côté leurs richesses acquises illégalement. « L’argent corrompu ne doit pas trouver de havre de paix. Désormais, nous ne devons plus nous trouver des excuses. Le travail de l’OCDE dans ce domaine est le bienvenu, mais il faudrait proposer plus de traités bilatéraux sur les échanges d'information afin de mettre définitivement un terme au régime du secret. En même temps, les sociétés doivent cesser de travailler avec les centres financiers véreux  » dit Hugette Labelle. La Suisse en tant que place financière internationale a une responsabilité à cet égard: la loi actuelle permet toujours que les fonds de la corruption privée peuvent être acceptés dans des comptes bancaires suisses sans que cela ait des conséquences pénales. Transparency International Suisse s’est engagée dans une coalition avec d'autres ONG pour un retour judicieux des biens volés à leurs pays d'origine.

Agir maintenant: les mesures urgentes

En tant que problème, avec des effets et racines mondiaux la lutte contre la corruption exige des actions sur un plus large front aussi bien en Suisse. Depuis des années, Transparency Suisse s’emploie entre autres pour :

  • La sensibilisation des PMEs, des organisations humanitaires, des ONGs et d’autres groupes qui ont des activités à l’étranger  mais qui n’ont pas encore suffisamment abordés la question
  • Une loi pour la protection des dénonciateurs ou « Whistleblower », qui permet aux donneurs d’alerte d’annoncer les irrégularités sans être victime de discrimination
  • L’intégration dans la liste de tous les délits de corruption préalables au blanchiment d'argent. Sans un tel ajustement, il sera possible à l'avenir pour des banques et entreprises nationales et étrangères d'accepter des transactions de la corruption privée en Suisse dans un cadre légal.



Tableau CPI 2009

FAQ (français)

Carte CPI